EX VOTO (Antérieur à fin) XVIIIe

EX VOTO (Antérieur à fin) XVIIIe

0,00 €

// PIN / PEINTURE / POLYCHROMIE / FEUILLE D’OR
// L. 6 x l. 42 x h. 59 CM

// PIÈCE UNIQUE

Qu’il remercie ou qu’il sollicite l’entremise divine, l’ex voto pose la question du beau. Non pas de l’esthétique, érudite et savante, mais du beau qui ne se décrète pas mais se ressent. Cette quête du beau, si elle est inhérente à la création artistique, ne naît pas ex nihilo mais se nourrit d’échanges. Échanges entre artistes et artisans et, auparavant, échanges entre créateur et Créateur ; nos Rhombes en sont, en tous points, les parfaits témoins.

La beauté est affaire de sensibilité, d’un goût personnel façonné par les expériences et la mémoire. Il suffit d’un instant pour le constater : pas même une introspection patiente ne suffit à cerner les caractéristiques de ce qui nous semble beau. Il est certes possible d’esquisser quelques traits de nos préférences personnelles, mais puissions-nous les réunir en une œuvre matérielle que le résultat escompté manquerait de loin le but recherché. Le beau ne se laisse pas capturer, il capture. C’est un grand mystère, jamais élucidé mais le seul capable d’accompagner la matérialisation d’un mystère plus grand encore, celui de la spiritualité.

Tout comme la spiritualité, la quête du beau implique de renoncer à une forme de rationalité. Le beau offre alors à l’esprit un support permettant d’entrer par le visible de la matérialité, dans l’invisible de la pensée. L’âme humaine trouve ainsi dans le beau un temps suspendu de paix, aussi fugace soit-il. Son évidence offre à la pensée un repos qui ne s’embarrasse pas d’explication. Le beau est affaire d’humilité. Humilité de l’être et, très souvent, humilité de moyens.

La simplicité s’avère régulièrement plus saisissante que son opposé. Ainsi, le beau n’exige rien. L’auteur de cet ex voto ne fut sans doute pas un grand maître de la peinture mais tout indique qu’il s’est consciencieusement appliqué à portraiturer les évangélistes, les archanges et Jésus crucifié. Le résultat n’en est pas moins touchant que l’œuvre d’un peintre renommé. Sûrement cet artiste était-il meilleur sculpteur car ce jardin clos démesuré et rehaussé d’or envahit le regard et se souvient - sûrement sans en avoir conscience - que la nature est le premier spectacle du beau offert à l’humanité. Un spectacle si mystérieux et si longtemps inexplicable qu’il a nécessairement accompagné… la spiritualité. La boucle est bouclée.

Ex voto ou dévotion privée, expression sincère d’une piété ou recherche humble de beauté - ou même tout cela à la fois - ce tableau sculpté, quel que soit le sentiment qu’il éveille, tisse la toile qui sous-tend les créations artistiques. Les œuvres créées pour matérialiser ce qu’a déjà conçu l’esprit se doivent d’être constamment réitérées. Car de la même manière que nous suivons le fil de nos pensées, notre sensibilité à la beauté suit son cours, se transforme et s’affine. Beauté et spiritualité révèlent finalement leur parenté dans ce que nous avons tous expérimenté : qui n’a jamais été saisi par la beauté de ce qui avait pourtant déjà été vu cent fois ?

Texte par Marielle Brie

PRIX SUR DEMANDE

Ajouter au panier